Une société plus écologique est aussi une société de solidarité et de coopération. Pour y parvenir, apprendre à bien communiquer est l’une des clés fondamentales. En famille, c’est aussi un indispensable pour vivre ensemble et se comprendre tout au long de notre vie. Cette communication juste permet de traverser les conflits et les différences d’opinions sans se blesser, ni chercher à dominer mais en passant par l’empathie et la collaboration pour trouver des solutions ensemble. On l’appelle la communication non violente.
Pourquoi la communication non violente ?
Pour construire ensemble un monde plus respectueux de la nature et des humains, apprendre à coopérer, s’écouter et s’entraider n’a jamais été aussi important. C’est ce qu’enseigne la communication non-violente. Le but n’est pas de nier ses sentiments de colère, bien au contraire. C’est de les écouter, d’être en colère sans exploser, de construire dans le conflit. S’écouter, écouter l’autre, dire non au bon moment et à la bonne personne. Tout cela a été théorisé par Marshall Rosenberg, un psychologue américain, dans le but d’entrer en communication avec des enfants violents, souvent à la rue, dans des écoles correctionnelles.
« Les mots sont des fenêtres, ou bien ils sont des murs. » Marshall Rosenberg
Tout commence par l’écoute (active)
Un des points important en communication, c’est de savoir écouter. Il s’agit d’écouter sans consoler ni proposer des solutions. La plupart du temps nous savons déjà quelles sont les solutions potentielles et n’avons pas forcément besoin de paroles de réconfort, ce que nous voulons vraiment c’est vider notre sac et nous sentir compris ! C’est ce qu’on appelle l’écoute active !
Comment bien écouter ?
- Regardez la personne qui parle.
- Reformulez ce que vous avez entendu pour montrer que vous comprenez.
- Évitez de donner des conseils ou de consoler tout de suite ; soyez simplement présent. Si c’est une personne proche, un contact physique peut aider.

Exemples concrets :
- Quand votre enfant rentre de l’école contrarié, dites-lui : « Tu sembles triste, veux-tu en parler ? » au lieu de dire « Ça va aller ». S’il a des problèmes de notes, demandez lui d’abord de parler de ce qui ne va pas et de proposer ses solutions avant de lui proposer les vôtres. Essayez d’abord les solutions qui viennent de lui pour tenter de résoudre ses problèmes.
- Dans une discussion sur les tâches ménagères, écoutez les plaintes de votre partenaire sans interrompre, puis dites : « Je vois que tu te sens débordé. Comment puis-je t’aider ? »
- Si une personne est éco-anxieuse, écoutez-la, reformulez, acceptez d’écouter son anxiété avant de parler de solutions ou de choses à faire.
- Si une personne s’oppose à vos pratiques écologiques, interrogez-la sur les raisons qui la pousse à s’y opposer. Posez des questions et écoutez pour comprendre les peurs et les blocages de la personne.
Exprimer ses sentiments, ses besoins et ses aspirations

Encore faut-il bien savoir les identifier ! Voici un peu d’aide :

Mieux formuler ses désaccords pour rendre le conflit fécond
Quand on ressent une émotion négative, la première étape est d’identifier son besoin. Quand on est capable de le formuler, on peut alors aller voir la ou les personnes concernées en utilisant cette méthode pour aborder le problème :
On évite au maximum de formuler des accusations en essayant d’être le plus factuel possible et en évitant si possible d’utiliser le « tu ». Essayez aussi d’éviter de mettre des étiquettes sur les personnes « feignante », « irresponsable »…. Rien de tel pour amorcer un conflit sans issue !

Quelques exemples
- En couple : « Quand les enfants ne respectent pas les règles de la maison, je me sens stressé parce que j’ai besoin de calme et d’ordre. Comment pourrions-nous travailler ensemble pour que chacun respecte ces règles ? »
- Avec les enfants : « Quand je vous entends vous disputer, ça me rend triste et fatigué(e) parce que j’aime quand vous jouez gentiment. Pouvez-vous essayer de jouer sans vous battre, s’il vous plaît ? Trouvons ensemble des jeux où vous pouvez vous amuser tous les deux. »
- Lors d’une discussion politique : « Je comprends que vous ne partagez pas mes préoccupations environnementales. Pourriez-vous partager ce qui est important pour vous et nous pourrions chercher ensemble une solution qui réponde à nos besoins respectifs ? »
- Avec des proches : « Je me sens concerné par les changements climatiques parce que j’ai besoin de sécurité pour ma famille et moi dans les années à venir. Quelles sont tes réflexions à ce sujet et comment pourrions-nous agir ensemble ? »
- Au travail : « Je remarque que nous utilisons beaucoup de plastique à usage unique. Cela m’inquiète car j’ai besoin de préserver notre environnement. Seriez-vous d’accord pour discuter de solutions alternatives ? »

De la communication vraie à la coopération
Vous l’aurez compris, l’intention de la communication non-violente n’est pas de gagner à tout prix le débat. Sa vraie force est de prendre soin de la relation en favorisant l’empathie et en cherchant le chemin qui respecte les besoins de chacun. Le conflit ne s’achève plus alors dans la colère et la frustration mais dans la coopération et l’estime mutuelle. En famille, au travail, lors d’une discussion importante pour vous, prenez le temps de penser vos mots. Ce n’est pas toujours évident à mettre en pratique, surtout sous le coup d’une émotion forte. Prenez le temps, prenez du recul, si vous n’avez pas su commencer le conflit de cette façon, il est toujours temps de revenir prendre soin de sa relation en recommençant la discussion de manière apaisée.