Aller au contenu

Education bienveillante : qu’est-ce et quel lien avec l’écologie ? 

L’éducation bienveillante, la parentalité positive… pour ou contre, on en entend parler à toutes les sauces ! Pourtant, même si on sait que l’éducation est un pilier de la transition écologique, on fait moins souvent le lien entre éducation bienveillante et écologie. Dans cet article, rien de didactique, nous parlerons des bases, de l’approche globale. À vous d’appliquer ensuite ces principes selon votre sensibilité, la personnalité de vos enfants et ce qui marche bien et moins bien chez vous.

Le but : avoir une vie de famille harmonieuse, une relation de confiance avec ses enfants et avoir des enfants heureux, autonomes et à l’écoute de leurs émotions.

Spoiler : bien sûr, en éducation tout prend du temps ! Il n’y a pas de recette magique qui fait que tout s’améliore d’un coup. Et forcément, il y a des hauts et des bas, la progression est rarement linéaire… Mais passer ce temps à établir une relation de confiance avec son enfant plutôt que de crier pour qu’il mette ses chaussures plus vite, n’est-ce pas du temps bien investi ?

Pourquoi l’éducation bienveillante entre-t-elle dans une démarche écologique ?

On fait rarement le lien entre l’éducation bienveillante et l’écologie. Pourtant à mes yeux, éduquer nos enfants autrement est vraiment une pierre angulaire de la transition de la société. Pourquoi ? Nous souhaitons une société de citoyens :

  • Autonomes, capables de s’informer, d’avoir du sens critique
  • Ayant confiance en leur capacité d’apprendre et de faire
  • Ayant confiance en leur relation avec leur entourage, capable de construire des communautés
  • Capables d’écouter leurs émotions et de remettre en cause l’autorité si elle est à l’encontre de leur valeur
  • Capables de collaborer en groupe et de gérer les conflits sans violence

Pour certains adultes, cette transition intérieure est difficile mais pour les enfants, l’éducation bienveillante leur permettra peut-être de grandir sans se sentir attachés aux casseroles des générations précédentes !

« Et si élever les enfants dans la douceur, dans l’empathie rendait les humains plus pacifistes et plus aimants, et transformait le monde ? »

Catherine Gueguen

Alors quelles sont les bases de cette approche d’éducation ?

Le respect mutuel

Un point primordial de cette approche est le respect mutuel. L’enfant est considéré comme une personne à part entière, il a ses préférences, ses occupations importantes, ses priorités. Même si elles semblent parfois triviales aux adultes, c’est important de les comprendre et de les prendre en compte.

« En chaque enfant, on l’ignore trop, naît et se développe le projet intuitif d’être considéré comme une (grande) personne. Aussi, attend-il qu’on ait à son égard le comportement et le respect que l’on a vis-à-vis d’un adulte. Il a raison. »

Françoise Dolto

Le respect des parents et de leur besoin est tout aussi primordial dans le respect mutuel. Forcément, on ne peut pas attendre d’un petit bébé entièrement dépendant qu’il respecte (par exemple) le temps de sommeil de ses parents ! Au fur et à mesure que l’enfant grandit, on peut adapter les routines de la maison pour respecter au mieux les besoins des enfants mais aussi des parents.

Education positive, s'écouter et partager des moments ensemble pour renforcer le respect.

La compréhension du développement de l’enfant

Même si l’enfant est une personne, l’enfant reste… un enfant ! On ne peut pas s’attendre à ce qu’il réagisse de manière rationnelle, qu’il maîtrise le temps et prenne des décisions comme un adulte. Ça reste à l’adulte d’avoir l’autorité et de décider au final ce qui est bon pour l’enfant, mais en écoutant et prenant en compte l’avis de celui-ci. Quelques exemples :

  • « Tu ne veux pas ces couverts ? Alors va chercher vite tout seul des couverts qui te plaisent ! »
  • « Ah tu veux ce bol mais il est sale ? Je n’ai pas le temps de le laver maintenant. Es-tu d’accord pour choisir un autre et tu l’auras au prochain repas ? Ou préfères-tu utiliser une assiette à soupe comme un grand ? »
  • « Si tu ne mets pas ton manteau, tu vas avoir froid ! D’accord, tu ne le mets pas, mais je le prends avec moi. »

Il est important de se tenir au courant de l’évolution de son enfant dans sa gestion des émotions, de sa compréhension des règles et des conséquences, de sa notion du temps. L’adulte peut alors avoir un discours et des attentes adaptés. Je n’aurai pas le temps d’aller plus loin dans cet article, mais je vous conseille l’excellent livre d’Isabelle Filliozat « J’ai tout essayé ! »

La communication non violente

Communiquer en parlant de soi, de ses émotions, de ses besoins, est une habitude qui leur servira toute leur vie. Et les enfants apprennent énormément par l’exemple 😉

C’est aussi un moyen d’augmenter l’empathie et d’apprendre à reconnaître ses émotions et celles des autres. La communication non violente est une source de lien et est un moyen très efficace pour exprimer ses difficultés sans les transformer en accusation ni en reproche. Cela permet de garder ouverte la communication sans braquer les gens dans une position et de se concentrer sur la recherche de solutions respectant les besoins de chacun.


La discipline positive

L’éducation non violente n’empêche pas une certaine discipline. Les limites et les cadres ne nuisent pas aux enfants, au contraire, s’ils sont adaptés, ils les sécurisent et leur donnent des repères pour bien grandir. Les règles doivent :

  • Etre claires : attention aux exceptions qui brouillent les pistes. Quand l’enfant grandit, on peut les redéfinir ensemble, selon l’évolution de l’enfant. Par exemple, à 1 an, l’escalier de la maison est interdit, puis c’est d’accord mais uniquement avec un adulte derrière, et enfin, c’est autorisé en autonomie mais pas pour y jouer ! S’il y a des problèmes qui s’installent, c’est important de prendre un moment pour redéfinir les règles. Il arrive qu’un malentendu puisse faire croire à l’enfant qu’une action est devenue autorisée.
  • Etre adaptées : c’est pourquoi il est important de bien connaître le développement de l’enfant, ce qu’il comprend, ce qu’il est capable de faire. Il faut que les enfants aient un espace suffisant pour bouger et jouer sans être sans cesse arrêtés par un interdit. Si c’est le cas, c’est aussi fatigant pour les parents qui doivent être attentifs et répéter les règles que pour les petits. Pourquoi ne pas chercher à adapter l’environnement ? La petite enfance n’est pas si longue et vous perdrez peut-être en praticité pour certaines choses, mais tout le monde gagnera en tranquillité d’esprit.
  • S’appuyer sur des conséquences plutôt que sur des punitions : les « punitions » doivent toujours être pensées en lien avec l’action et proportionnées en conséquences. Elles ne doivent surtout pas être un défouloir pour parent fatigué et sur-sollicité. On parle de ramasser un objet jeté, de nettoyer, de s’excuser ou juste d’arrêter de prendre les jeux de son frère. Le temps d’isolement est un débat que chacun peut trancher selon ses convictions et les réactions de ses enfants. Si confisquer un jeu mal utilisé est adapté, confisquer un jeu parce que l’enfant ne voulait pas partir du parc n’a pas de sens. Les conséquences doivent avoir autant que possible un rapport direct avec l’action et être appliquées immédiatement pour les tout-petits.

Un exemple :

« Stop Valentin, je ne suis pas d’accord, c’est interdit de taper ta sœur avec ce jouet. Regarde, est-ce qu’elle a l’air d’accord ? Non, elle pleure, tu lui fais mal. Ça va Louisa ? Tu veux un câlin pour te consoler ? Est-ce que vous pouvez trouver une façon de jouer ensemble ?

– Non Valentin, j’ai dit qu’on ne tapait pas ! Stop ! Si tu recommences, je serai obligé d’enlever le jeu ! Est-ce que tu ne veux pas plutôt danser pour te défouler ?

– Valentin, stop, j’enlève le jeu. Je t’ai prévenu, ce n’est jamais possible de taper. Je te le rendrai quand tu seras plus calme. Je vais lire une histoire à Louisa si tu veux écouter. »

Education positive, réparer ses erreurs en balayant

Bien sûr, on rappelle la règle (et on interrompt l’action de taper), mais on ne fait pas que punir. On parle des conséquences de l’action sur la petite sœur, on suggère d’autres comportements adaptés (un point vraiment essentiel pour aider le cerveau de l’enfant à passer à autre chose), on propose de chercher des solutions ensemble, on se concentre plus sur la « victime » et pas uniquement sur le fauteur de trouble… et une fois la leçon donnée, on passe à autre chose pour que ça ne dégénère pas en énorme crise émotionnelle. Il ne faut pas donner au négatif une importance démesurée. L’ordre pour mettre ses différents éléments n’est pas figé, il dépend de vous, de votre expérience de l’enfant, du temps que vous avez et de la gravité du manquement.

Si, taper par exemple, est un problème récurrent, vous pourrez en reparler à part à l’enfant concerné dans un moment calme où il a toute votre attention. Cela lui permettra de parler de son ressenti, de chercher ensemble des solutions quand ça arrive et cela lui donnera l’espace pour évoquer ses problèmes qui se cachent peut-être derrière ce comportement (d’autres enfants tapent à l’école ? Sa petite sœur reçoit trop d’attention selon lui ? …)

Vous n’en pouvez plus ? Si vous y arrivez, dites-le à vos enfants avant de craquer et de crier. « Je suis très fatigué, j’ai besoin de calme. Vous me demandez trop de choses, maintenant je ne peux pas… » Et si, ce qui sera probablement le cas au début, il n’arrive pas à respecter votre besoin, trouvez un moyen pour vous l’obtenir. Cela peut être de laisser mes enfants jouer dans leur chambre avec doudou et tétine (même s’ils ne sont pas forcément d’accord au moment où on ferme la porte, si après ils jouent bien, ça va), ou prendre ma douche en les laissant jouer avec une bassine d’eau. Passer le relais si c’est possible. Mettre de la musique peut aussi aider. Ou bien sûr de sortir, l’extérieur fait beaucoup descendre la pression ! À chacun de trouver ses astuces pour retrouver de la sérénité. L’idéal étant d’arriver à prendre soin de soi régulièrement pour ne pas arriver au bord de la rupture.

Renforcement positif

Un des leviers de l’éducation bienveillante est le renforcement du positif pour aider l’enfant à s’appuyer sur ses forces. Un des trésors des parents est de connaître les histoires de la vie de son enfant. N’hésitez pas à piocher dedans pour encourager vos enfants ! Par exemple, si un enfant a peur de l’eau, n’hésitez pas à lui raconter des histoires de quand il allait dans l’eau et où ça s’est bien passé, quitte à lui montrer des photos de lui bébé dans son bain. Pour aider un enfant à surmonter des peurs, racontez-lui des fois où il a été courageux. Et quand l’enfant fait preuve d’empathie, de gentillesse, de courage, de persévérance… n’hésitez pas à le verbaliser. De manière générale, verbaliser le positif n’a que des bienfaits !


Autonomie

Un autre pilier de l’éducation positive est d’encourager l’autonomie des enfants. Cela implique :

  • L’autonomie dans les actions de tous les jours (s’habiller, mettre la table)
  • L’autonomie dans la prise de décision, en particulier pour ce qui le concerne personnellement comme les vêtements qu’il porte
  • L’autonomie face a l’échec, en particulier ne pas intervenir à la moindre difficulté lors de jeux libres en extérieur par exemple. De manière générale lui donner l’espace d’essayer, de rater et de choisir s’il a besoin de demander de l’aide s’il n’y a pas de danger immédiat bien sur.
  • L’autonomie dans la gestion de conflit est aussi une compétence qui s’apprend et s’enseigne.
Education bienveillante, jeu libre en extérieure, peut être (un peu) risqué et salissant!

Bien sûr, l’enfant n’est pas autonome d’un coup, pour tous ces points, il faut l’accompagner et vérifier que tout va bien. Le point important dans tout ça me semble être la confiance, faire confiance à son enfant pour y arriver et lâcher prise sur la perfection de cette réalisation.

De quoi avons-nous besoin pour appliquer l’éducation positive ?

De considérer son enfant comme une personne, de bien le connaître, d’exprimer nos émotions réelles au moment où elles arrivent, de faire confiance à son enfant et de lui dire ce qu’il fait de bien. Nous avons aussi besoin de nous écouter nous, nos émotions, nos besoins et de les exprimer, de beaucoup de patience et surtout de trouver de l’espace pour recharger nos batteries. Ensuite, pas de pression, restez authentiques et adaptez-vous à ce qui marche bien, chez vous, dans votre famille 🙂

2 commentaires sur “Education bienveillante : qu’est-ce et quel lien avec l’écologie ? ”

  1. Retour de ping : Transmettre ses valeurs : comment et dans quel cadre ? – Les graines de demain

  2. Retour de ping : Les cinq accords toltèques appliqués à la famille – Les graines de demain

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *