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Les récits du changement: quelques belles histoires

Il était une fois… les histoires ! Elles sont héroïques, nous permettent de nous échapper et de nous élever, nous réunissent mieux que personne. Voici quelques histoires vraies qui montrent pourquoi et comment construire un futur heureux est possible ! N’hésitez pas à écrire et à partager les vôtres, vos histoires vraies comme vos utopies !

Sauver des vies : Les rats démineurs Apopo

Je vous partage cette histoire qui m’a marquée quand j’étais lycéenne et a sans doute eu plus d’influence sur mon choix de métier que toutes les discussions avec des conseillers d’orientation !

C’est l’histoire d’un ingénieur néerlandais, Bart Weetjens, et d’un Belge, Christophe Cox, qui ont réussi à lier une complicité avec des rats pour une mission sociale incroyable. Voulant aider les fermiers sub-sahariens, ils ont dressé des rats à détecter les mines non exposées cachées dans la terre. Là-bas, les mines antipersonnel laissées après des conflits sont un souci majeur qui déclenche de fréquents et dramatiques accidents. Les zones agricoles deviennent alors inexploitables pour les fermiers de peur des accidents.

Les rats, grâce à leur flair, arrivent à repérer les mines et à les signaler à des opérateurs humains. Le nettoyage des sols se fait 50 fois plus vite et pour des coûts extrêmement moindres que s’il s’agissait d’un humain. D’après leur site, un rat peut déminer l’équivalent d’un terrain de tennis en 30 minutes contre 4 jours pour un humain. Les rats sont bien sûr entraînés pour que leur taux de réussite soit de 100 %. Ce sont des espèces locales et résistantes aux maladies qui assurent le travail, et cerise sur le gâteau, grâce à leur petit poids, les rats ne déclenchent pas les mines, ce qui évite les accidents !

L’efficacité est telle que des régions voire des pays entiers comme le Vietnam ou la Thaïlande ont été déminés. Ceci se fait bien sûr en partenariat avec les populations locales qui sont employées, formées au dressage des rats et à leur soin, leur permettant de garder le contrôle sur leur destinée.

160,366 mines antipersonnel et autres explosifs détruits, 95,661,741 m² de terrain rendus aux populations locales, 2,265,507 personnes libérées de la menace des mines.

Incroyable non ? Imaginer qu’une idée simple puisse avoir un impact aussi important est vraiment grisant et motivant pour nous aussi chercher des idées et voir que des problèmes parfois très ancrés pourraient avoir une solution au final abordable !

Et ça va même encore plus loin ! Maintenant que les rats ont prouvé leur efficacité avec les mines, ils utilisent aussi leur incroyable odorat pour détecter la tuberculose dans des échantillons de salive de manière bien plus fiable et plus rapide que les méthodes de détection habituellement utilisées !

Et si on changeait de regard sur les rats ?

Pour aller plus loin :

La page « success story » de l’entreprise sociale APOPO (en anglais) : https://apopo.org/what-we-do/detecting-landmines-and-explosives/success-stories/

La conférence TED de Bart Weetjens : (anglais mais possible d’activer des sous-titres français):

Bart Weetjens TED Comment j’ai appris à des rats à détecter les mines antipersonnels.

Changer d’échelle : Le gaspillage alimentaire en supermarché

Est-ce que vous aussi vous avez remarqué que dans tous les magasins, des réductions pour les produits en DLC courte ont fleuri ? C’est le résultat d’une loi contre le gaspillage alimentaire qui vise à le réduire de 50 % entre 2015 et 2025. Et s’attaquer au gaspillage alimentaire n’est pas une mince affaire ! Pourquoi ?

  • Si le gaspillage alimentaire était considéré comme un pays, il serait le 3e plus gros pollueur du monde.
  • Avec toute la nourriture qu’on gaspille sur terre, on pourrait nourrir correctement les personnes malnutries (dur par contre de leur donner directement).
  • Quand on gaspille un produit, on gaspille aussi toutes les ressources, d’eau, de nourriture et d’énergie qui ont été utilisées pour le fabriquer

S’il existe quelques applications comme Too Good To Go, Phenix ou Frigo Magic, on se rend vite compte que ce n’est pas suffisant pour lutter contre l’ampleur du phénomène. Et pourtant, c’est un sujet sur lequel on voit bien que la transition est en marche et avance bien à plein de niveaux !

  • Les entreprises n’ont plus le droit de jeter la nourriture consommable (et encore moins de la détruire à coup de produit toxique). Le don des invendus à des associations est devenu une norme ainsi que les réductions pour inciter les gens à acheter en DLC courte !
  • On voit du vrac arriver un peu partout même en grande surface et pour de plus en plus de produits.
  • Les légumes « moches » sont réhabilités ou utilisés directement par les traiteurs des grands magasins.
  • Les restaurants sont à présent obligés de proposer des doggy bags si le client veut emporter son plat.
  • Le compostage des denrées alimentaires est devenu obligatoire partout en France (même si les infrastructures sont encore un peu à la traîne dans certaines villes).
  • On voit de plus en plus d’ateliers contre le gaspillage alimentaire… et c’est efficace ! Selon l’ADEME, les ménages ayant participé à leurs ateliers réduisent leur gaspillage de 59 %. Et c’est loin d’être négligeable car un tiers de ce gaspillage se fait au niveau des ménages.
  • Les écoles et les restaurations collectives s’emparent aussi du sujet pour moins de déchets et une meilleures valorisation des déchets restant
Légume pain et lait frais en vrac sans emballage plastique, de saison dans un panier

Que conclure de tout ça ?

C’est un sujet qui bouge et qui bouge plutôt vite ! C’est possible de faire bouger les choses avec une collaboration des politiques, des citoyens et des entreprises, et tout le monde y gagne ! C’est aussi un état d’esprit qui change pour plus de respect des ressources de la planète. Et vous, avez-vous vu l’évolution ces dix dernières années ?

J’aurais aimé vous donner des chiffres pour appuyer mon discours sur cette section mais les études de l’ADEME en 2015 et 2021 ne permettent pas des résultats comparables à cause de méthodes et de périmètres différents. Une étude comparative fiable devrait sortir car la loi oblige à fournir les données du gaspillage alimentaire, j’essaierai alors de mettre l’article à jour. [Lien vers l’article]

Régénérer la biodiversité : Les coquilles Saint-Jacques de la baie de Saint-Brieuc

On entend souvent que l’activité humaine menace des espèces. L’histoire des coquilles Saint-Jacques de la baie de Saint-Brieuc est l’histoire de pêcheurs qui se sont organisés pour non seulement rétablir la présence de l’espèce dans leurs lieux, mais aussi fixer des règles pour une gestion durable !

L’histoire commence dans les années 60-70. La présence de la coquille Saint-Jacques dans la baie de Saint-Brieuc est extrêmement menacée par la pêche. Se met alors en place une organisation des pêcheurs locaux pour régénérer puis gérer durablement leur zone de pêche.

(Photo d’illustration Le Télégramme/Bruno Salaün)

(Photo d’illustration Le Télégramme/Bruno Salaün)

Ils s’imposent alors des mesures drastiques :

  • Bien sûr un volume maximal de coquilles prélevées et une taille minimale de coquille (les coquilles trop jeunes sont remises à la mer directement après leur capture).
  • Seuls 238 bateaux sont licenciés pour pêcher.
  • La pêche est possible les lundis et mercredis, d’octobre à avril, pendant une durée de 45 minutes seulement. Pourquoi cette période ? Parce que c’est en dehors des périodes de reproduction des coquilles qui ont alors toutes atteint leur maturité.
  • Des techniques de pêches respectueuses des fonds marins et des autres espèces.
  • Une auto-surveillance des règles.

Maintenant la ressource est redevenue abondante et les pêcheurs peuvent en vivre, certains qu’elle le restera !

Ce que je trouve génial dans cette histoire ? C’est qu’un groupe d’hommes et de femmes confrontés à un problème ont su se prendre en main pour le résoudre, s’appliquant à eux-mêmes des contraintes non négligeables, sans attendre que l’état ou la disparition de l’espèce leur impose des solutions. Cela prouve qu’on est capable de se prendre en main, de respecter son environnement pour l’exploiter sans le détruire. Cela prouve qu’on est capable de passer à l’action avant qu’il ne soit trop tard. C’est aussi un modèle de gestion des ressources efficace qui, j’espère, inspirera les politiques dans leurs mesures de protection des océans.

https://coquille-saint-jacques.com/peche-responsable/

Une collaboration planétaire : La couche d’ozone

En 1984, le monde découvre un phénomène très inquiétant… un processus très rapide de destruction de l’ozone est à l’œuvre, créant le fameux trou dans la couche d’ozone.

Les conséquences ? Un rayonnement solaire beaucoup plus important atteindrait le sol, nous exposant à des coups de soleil en moins de 10 minutes et surtout des extinctions massives d’être vivants.

La cause ? L’activité humaine et en particulier une molécule, le CFC, présente dans les liquides réfrigérants et les aérosols.

En 1987, le monde passe à l’action ! Lors du protocole de Montréal, les États signent des mesures contraignantes à l’échelle internationale pour diminuer les émissions des substances détruisant la couche d’ozone. Le texte ratifié demandait de diminuer de 30 % des émissions mais ce premier pas a entraîné un cercle vertueux où les pays ont revu leurs objectifs à la hausse.

Ces mesures demandent la réorganisation voire l’arrêt de certains domaines industriels. Appuyé par une mobilisation citoyenne forte, ces mesures sont réellement appliquées et entre 1989 et 1996, la plupart des émissions de CFC ont disparu. Les ventes de produits aérosols ont chuté.

Le composant a fini par être banni des pays développés en 1996 et en 2010 des pays en voie de développement. En 2018, le rapport des scientifiques disait que les options possibles pour accélérer la récupération de la couche d’ozone sont limitées, car toutes les mesures qui peuvent significativement aider ont déjà été prises. Il n’y a plus de menace ni sur la vie humaine ni sur les autres espèces !

Pourquoi j’aime cette histoire ? Parce qu’elle nous montre que quand c’est important et urgent, on est capable d’agir à l’échelle mondiale pour réellement mettre en œuvre des solutions. Et rapidement en plus ! Et ceux, même si les solutions sont contraignantes et nécessitent de repenser l’industrie. Cette histoire nous montre un moment où les pays ont pris leurs responsabilités sans se renvoyer la balle et avec des règles permettant une souplesse selon le niveau de développement des pays. L’engagement citoyen était un des piliers poussant l’engagement politique ne devant pas être sous-estimé. À l’échelle mondiale, nous sommes capables de changer de modèle !

Le lien avec le réchauffement climatique est facile à faire, les solutions pour limiter les émissions de CO2 sont cependant plus complexes car elles impliquent de repenser plus d’éléments dans notre société. Mais nous avons encore de la marge d’action! Si on est motivé, ce que nous avons construit, nous pouvons le reconstruire en mieux !

Contrer l’influence des lobbys : Bloom

Connaissez-vous l’association Bloom ? Peut-être pas, ce n’est pas la plus médiatique des associations de protection de l’environnement. Mais vous connaissez sans doute l’influence des lobbys dans les décisions politiques, en particulier au niveau de l’Europe ? Peut-être que ça vous inquiète ou que vous vous sentez impuissant par rapport à ça ?

Bloom est une association qui fait du lobbying pro-écologique auprès de l’Europe et de la France pour la défense des mers et océans. En parallèle, elle mène une recherche indépendante sur les écosystèmes marins et sensibilise le public aux enjeux liés à la surpêche et la biodiversité marine. Leurs combats politiques et juridiques sont de vrais romans-feuilletons dont ils dévoilent les rebondissements. Et c’est efficace !

Leur plus grande victoire ? L’interdiction en Europe de la pêche électrique !

Mais d’autres victoires sont à leur compteur sur la protection des requins, l’interdiction d’une méthode de pêche destructive des fonds et des espèces en Manche…

Pourquoi je les aime ? Face au lobby, on se sent vite impuissant. Nos valeurs et nos convictions ne semblent pas faire le poids. Bloom montre l’efficacité d’un contre-lobby organisé avec l’appui des citoyens. Les combats politiques peuvent être gagnés ! L’opinion publique est un levier de changement. N’hésitez pas à vous joindre au mouvement et signer leurs pétitions pour les aider à avancer 🙂

https://bloomassociation.org/

Une histoire qui mobilise : Le film Demain

Vous vous rappelez du film Demain ? Vous aussi vous êtes allés le voir ? Peut-être même êtes-vous allés voir ce documentaire au cinéma ?

Réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent, sorti en 2015, ce film raconte des histoires positives qui pourront transformer le monde pour un futur durable. Et il connaît un succès fou ! Plus d’un million de spectateurs en salle et 41ème au box-office pour l’année 2015, un score incroyable pour un documentaire. Et il continue à être diffusé, dans les écoles, dans certains festivals, chez des particuliers.

Pourquoi un tel succès ? Pour ses récits pleins d’espoirs montrant concrètement que c’est possible de changer le monde et comment le faire. Des histoires des quatre coins du globe concernant plein d’aspects de l’activité humaine : agriculture, énergie, économie, éducation et démocratie. Et rien de mobilise plus qu’un récit positif, surtout associé avec de belles images, des sourires, de la musique…

Un film à voir, à montrer et à revoir, un coup de boost d’inspiration et pour le moral !

Et bien d’autres histoires encore

Bien d’autres histoires sont à découvrir, n’hésitez pas à me partager les vôtres, sur Facebook, par mail ou en commentaire de l’article. Beaucoup de belles histoires sont associatives comme « le parti poétique », qui amène de l’art, nourrit les habitants et réhabilite le milieu urbain.. https://www.parti-poetique.org/
D’autres sont à l’échelle des villes comme la ville de Roubaix qui veut devenir zéro déchet : https://www.roubaixzerodechet.fr/

Certaines encore sont des entreprises qui innovent pour trouver des solutions pour recycler, nettoyer, sensibiliser, construire un monde harmonieux. Par exemple, Me-go qui récupère et valorise les mégots de cigarettes, un déchet hautement polluant : https://me-go.fr/

J’ai choisi des histoires avec une grande échelle d’impact mais il en existe des centaines de petites… qui ne sont pas moins négligeables. Toutes les histoires ont de la valeur et de l’importance, l’important c’est d’y croire, de vous identifier, de voir le changement opérer !

Voici quelques épisodes de brut sur des belles histoires plus familiales :

https://www.brut.media/fr/nature/pendant-ce-temps-la-ces-ecoliers-decouvrent-la-nature-en-s-occupant-d-une-parcelle-de-foret-59747cb2-1096-4c19-b8c4-c23d9944fb5d

https://www.brut.media/fr/nature/ils-elevent-des-vers-de-terre-aa514a76-2ba7-46e3-884b-d32a11e3aaef

https://www.brut.media/fr/nature/ils-favorisent-la-pratique-du-velo-83d8d890-be5f-412d-8186-908b03d6c930

A vous d’écrire les vôtres !

Je suis toujours à la recherche de plus de belles histoires, n’hésitez pas à me raconter les vôtres !

2 commentaires sur “Les récits du changement: quelques belles histoires”

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