Qu’est-ce qu’on mange ce soir ?
S’il y a bien une question qui hante, c’est celle-là, on ne s’en débarrasse jamais.
Souvent, quand on commence à changer son alimentation pour diminuer la viande, on se retrouve à en rajouter juste parce que c’est facile de faire cuire une viande et un accompagnement, on n’a pas le temps, on est fatigué et ça va vite.
Le plus dur dans tout changement c’est d’ancrer les nouvelles habitudes pour qu’elles ne représentent pas une charge mentale trop importante et qu’on puisse s’y tenir facilement. Cet article vous donne quelques clés pour libérer un peu la pression sur les repas et trouver plus facilement des repas végétariens quotidiens pour toute la famille.
La routine au service de la charge mentale
La routine à mauvaise presse. Elle serait ennuyeuse, peut attirante. Pourtant je suis certaines que vous avez de très bon souvenir de certaines routines. Galettes le jour du marché, pique-nique le samedi, pizza le dimanche soir… chaque famille à des routines qui plaisent à tous.
Je vous propose ici d’utiliser la routine pour vous donner une structure, une inspiration pour chaque jour de la semaine. Cela répond au sempiternel « qu’est-ce qu’on mange ? » sans trop se creuser la tête et en étant à peu près sûr de varier et d’équilibrer. Elle reste assez souple pour ne pas avoir l’impression de manger tout le temps là même chose.
Planifiez une routine repas de base flexible avec des types de plats par jour (je vous propose une routine sans viande mais libre à vous d’adapter selon vos habitudes). Ça vous donnera une inspiration de base pour chaque jour et de quoi varier d’une semaine à l’autre.

Je commence le planning à partir du lundi mais le vrai départ du planning que je me fais est le jour où je fais des courses !
Pour moi, ces plats sont presque tous très rapides à faire. Sans doute pas parce qu’ils sont plus faciles que d’autres, juste parce que j’ai l’habitude de les faire et pas besoin de réfléchir ou de regarder de recette.
Planifier précisément est aussi une charge de travail dont j’arrive à me passer au quotidien. Pour certaines personnes c’est indispensable et ça leur permet de calibrer leurs courses pour éviter le gaspillage. Moi je prends un peu tout de saison et je me demande plutôt quoi faire avec ce qui me reste. Par contre, quand il y a une semaine « chaude », avec du monde à la maison par exemple, là je planifie précisément ! Ça me permet de mieux profiter des moments communs, mieux prendre de l’avance, mieux déléguer aussi.
Prenez de l’avance
Beaucoup d’avance
J’aime quand les légumes d’été ne sont pas chers, faire des énormes ratatouilles ou piperades. Ce n’est pas très long et je m’en congèle des portions pour l’hiver quand les légumes sont plus rares. Je vois ça comme un cadeau à mon moi futur 😊 D’autres personnes, en particulier si elles ont un jardin ou vont faire de la cueillette à la ferme, organisent une journée « conserve » entre amies et font d’un coup une grande quantité de conserves de légumes pour plus tard.
Un repas d’avance
Un autre avantage de la routine c’est qu’on peut savoir plus facilement quoi faire à l’avance. Alors quand on cuisine un repas, on peut éplucher un peu plus de légumes pour préparer le suivant, ou commencer à préparer le suivant en surveillant la cuisson. Ça évite les temps morts, mutualise le temps de rangement/ménage post-cuisine, permet de mutualiser l’usage du four… Pour les gens qui aiment organiser d’avance, il existe une méthode encore plus poussée : le batch cooking. Il ne s’agit pas là d’un repas d’avance mais de tous les repas de la semaine pré-préparés d’avance au maximum. Cela se fait en théorie en 2/3 h de cuisine le week-end.
Une petite avance
J’aime beaucoup éplucher les légumes et les couper quand mes enfants font la sieste, avant d’aller les chercher à l’école ou pendant le gouter. Ça me permet de sortir au parc après l’école et la crèche sereinement. Quand on rentre à 18 h 30 / 19 h, les enfants qui ont faim trouvent souvent que la meilleure façon d’assouvir leur besoin est de m’empêcher au maximum de cuisiner (en râlant, demandant plein de choses, voulant rester dans les bras ou provoquant des catastrophes, ils sont inventifs), il ne me reste alors qu’à surveiller la cuisson ce que je peux faire beaucoup plus facilement à une seule main ou par intermittence. (D’autant plus que mes plaques de cuisson sont équipées d’un minuteur, une fonction hyper pratique pour ne pas bruler son repas quand on cuisine en s’occupant des enfants!).

Apportez de la fantaisie
Quand vous en avez l’énergie, apportez de la fantaisie! Amusez-vous avec les gouts, les formes et les couleurs 🙂
Ça peut être en rajoutant des entrées ou des accompagnements si vous voulez garder votre structure de base, mais rien n’est figé, les plans sont faits pour vous aider et pas pour vous contraindre !
Achetez des légumes originaux, des courges inédites, des légumes d’une couleur inhabituelle…
Ajouter des fruits au salé, en cuit en compote ou dans des salades. La poire va bien avec la courge, la pomme dans les choux, les agrumes dans plein de salades !
Variez les céréales ! Pour sortir du trio riz/blé/pomme de terre, pensez au sarrasin, au millet, à la polenta… Souvent très rapides à préparer, ils vous permettront d’apporter de la variété sans vous creuser la tête. N’hésitez pas à demander conseil en magasin bio ! Les rayons vrac permettent de tester plein de possibilités.
Utilisez l’application frigo magique pour trouver de l’inspiration. Cette application suggère des recettes avec ce que vous avez dans votre frigo!
Faites des thématiques pour retrouver de l’inspiration
- Repas d’une couleur spécifique
- Repas d’une forme spécifique, en faisant des dessins avec la nourriture
- Repas qui se mange avec les doigts, avec des pics, avec des baguettes
- Repas thématique d’une région du monde (si vous allez dans une épicerie spécifique, prévoyez plusieurs repas pour tenir la semaine)

Reposez-vous l’esprit
Repas de reste ? Repas tout faits ? Surgelé ? Restaurant à emporter ? Sauter d’avoir à penser à un repas est toujours une bonne idée. Et si vous vous accordiez des jours où c’est votre conjoint ou conjointe qui s’en occupe de manière routinière ? Où si les enfants sont un peu grands, est-ce qu’il peut y avoir un jour où ce sont les enfants qui cuisinent pour les parents ?
Chacun trouvera ses astuces et ses routines pour se faciliter la tache quotidienne de faire manger la famille, sainement si possible et avec des plats qui plaisent à tout le monde. Plus vos routines seront explicites, plus ce sera facile de partager la charge de travail dans le couple et d’y faire adhérer les enfants. Mais les routines sont la pour vous aider et non pour vous enfermer, utilisez les sans limite tant qu’elles vous servent et oubliez-les ou faites-les évoluer quand elles vous pèsent !
Alors racontez nous: qu’est-ce qu’on mange ce soir ?