Dans l’imaginaire, le « parfait écolo » est souvent quelqu’un qui vit un peu retiré de la société, dans un eco-village ou il essaie d’être auto-suffisant. Et quand nous pensons à cette image, la plupart d’entre nous ne se reconnaissent pas. Pourtant, les idées de mettre en commun, d’être plus reliés les uns aux autres, de faire communauté en quelque sorte, sont aussi accessibles même quand on habite en ville. Et elles sont même encore plus précieuses et aidantes quand on est parent.
Dans cet article, je vais explorer différents moyens de mutualiser et de faire ensemble pour amener plus d’écologie autour de soi, en particulier quand on est parent, mais sans tout quitter pour partir vivre en communauté loin de chez soi.
L’idée est de trouver aussi des pratiques qui vous permettent d’alléger votre charge mentale, de vous sentir plus apaisé et mieux entouré.
Mutualiser les achats de nourriture
La nourriture est l’un des achats qui revient le plus souvent et pèse le plus sur la charge mentale. Souvent, quand les familles que j’accompagne me disent qu’elles n’ont pas le budget pour être plus écolo, elles veulent parler d’acheter bio. Voilà deux exemples qui vous permettront à petit budget d’acheter bio, local ou les deux.
Dans ces deux exemples, vous pouvez choisir de rejoindre des groupes ou de les créer, la deuxième option demande forcément plus d’investissement.
Les commandes collectives en magasin bio : moins de charge mentale et zéro déchet
Pour acheter bio à moindre prix, le vrac est une solution. Et pour que ce soit encore moins cher, vous pouvez mutualiser de plusieurs façons. Les magasins bio qui proposent du vrac, proposent aussi souvent d’acheter un lot complet d’un ingrédient (souvent 5 ou 10 kg) avec une remise (souvent 10 %, qui peut être cumulable avec des remises compte client et étudiants). Si ça fait trop pour vous, pourquoi ne pas mutualiser cet achat avec 2 ou 3 familles ?
Mais si vous voulez des prix encore plus attractifs, il est possible de commander directement aux distributeurs qui fournissent les magasins bio, par exemple Senfas ou Keramis. Et là, les prix sont vraiment hyper compétitifs (chocolat à 12 € le kg, poudre d’amande à 10 € le kg, pâtes à 1.75 € le kg au moment où j’écris ces lignes pour vous donner des ordres de grandeur).
Par contre là, il faut vraiment mutualiser, car les achats ne se font qu’en grande quantité globale pour éviter les frais de port et de dossiers.
Le plus facile pour vous est probablement de vous joindre à un groupe d’achat déjà en place ! Sinon, il y a un peu plus de travail, mais une fois la mise en place faite, on y gagne beaucoup 🙂
Pourquoi c’est écolo ? Ça rend le bio plus accessible, c’est aussi une démarche zéro déchet.
Pourquoi ça allège la charge mentale ? Parce que vous n’allez plus vous demander si vous avez de quoi faire à manger en rentrant le soir. Vous avez TOUJOURS des pâtes/du riz/ des lentilles/ du chocolat /du sucre … Finis les courses en urgence parce qu’il manque une denrée d’épicerie de base ! Cela permet aussi d’espacer la fréquence des courses (et en particulier en vrac, c’est toujours un peu chronophage.)
Les AMAP : un soutien concret à l’agriculture locale et des économies

Vous savez pourquoi on dit tant de bien des AMAP ? Elles permettent de révolutionner la vie de certains agriculteurs en les libérant du système d’endettement actuel et en leur permettant d’écouler leurs productions beaucoup plus facilement. C’est une vraie révolution par rapport au système en place qui vous permet par ailleurs d’avoir accès à des produits locaux, de saison, frais et avec un maximum d’informations sur les conditions de production.
On en trouve de plus en plus déjà en place, beaucoup sont recensées sur cette carte… mais pas toutes, il faut aussi vous renseigner à l’échelle locale.
Si vous avez un groupe de personnes intéressées, il existe aussi des guides pour vous permettre d’en mettre en place avec un paysan.
Pourquoi c’est écolo ? Ça soutient une vraie transition paysanne et une autonomie alimentaire à l’échelle locale. Cela peut aussi permettre d’aider des paysans à se reconvertir au bio.
Pourquoi ça allège la charge mentale ? En plus de moins avoir à faire de courses, on ne s’inquiète plus de savoir d’où vient ce qu’on achète ! Et c’est aussi moins cher que les prix standards.
Créer une dynamique collective entre voisins

Plutôt que de déménager dans une communauté à la campagne, si on essayait de mieux connaître les personnes qui nous entourent ? Pour ça, l’idéal est de commencer par mieux se connaître en se retrouvant autour d’un apéro ou d’un goûter. C’est très facile à organiser, quelques affiches et chacun amène de quoi partager.
Ensuite, l’idéal est de pouvoir créer un groupe WhatsApp ou autre pour faciliter les échanges.
Ces groupes permettent de partager des actualités, de prévenir quand on part (et éventuellement de demander d’arroser les plantes), de demander de l’aide si besoin, bref de faire vivre une vie de voisinage riche en partage.
Et cela permet aussi de créer de l’écologie par de l’entraide et du prêt !
Mutualiser les objets
La première chose la plus facile à proposer, est de mutualiser des objets. Ce taille-haie qu’on ressort 2 fois par an, cette perceuse qu’on n’utilise presque jamais, ces moules à gâteaux qu’on ne sort qu’à Noël, ce lit parapluie qui ne sert qu’en vacances… Pourquoi ne pas les mettre à disposition des voisins pour des besoins ponctuels ?
Pour faciliter et initier cette dynamique de partage, chacun peut écrire sur le groupe quelques objets ou catégories d’objets qu’il pense utile pour les autres et qu’il propose de partager.
C’est aussi possible, indépendamment d’un groupe WhatsApp (ou autre), de coller une étiquette sur notre boite aux lettres en disant les catégories d’objets qu’on est prêt à prêter.
N’oubliez pas de faire vivre le groupe en demandant des choses aussi pour vous 🙂
Et bien sûr, c’est aussi possible de donner, en particulier des vêtements d’enfants ou des jouets par exemple, mais j’en reparle un peu plus loin dans l’article.
Pourquoi c’est écolo ? On achète moins et on utilise plus !
Pourquoi ça allège la charge mentale ? On sait qu’on peut être dépanné à tout moment par les voisins, voir même plus, car plus on se connaît et plus on s’entraide !
Mutualiser au jardin

Si vous avez la chance d’avoir des jardins dans votre voisinage, les produits du jardin sont aussi de belles occasions de partage.
En plus des outils, on peut se donner les surplus de récoltes (en particulier sur les arbres fruitiers), les repousses de plantes, des graines aussi…
C’est aussi possible de partager des composteurs si vous êtes en appartement.
Et pour prolonger cette dynamique, si les récoltes sont abondantes et que vous êtes plusieurs voisins dans ce cas, c’est aussi possible de proposer un moment pour réaliser ensemble des conserves ou des confitures.
Pourquoi c’est écolo ? On partage et on devient plus résilient !
Pourquoi ça allège la charge mentale ? Soit on donne les surplus qu’on n’arrive pas à gérer, soit on les gère dans un groupe ce qui en fait un bon moment.
S’entraider selon ses compétences
Et pour continuer sur cette idée d’atelier confiture ou conserve, c’est aussi possible de partager des compétences.
Ça peut se faire sous forme de moment partagé, d’entraide simple, ou bien certaines plateformes proposent des systèmes de points pour être sûr que tout le monde aide et est aidé.
Vous savez tailler vos arbres et vous le faites chez vous ? Pourquoi ne pas expliquer aux autres comment faire ?
Vous avez une machine à coudre ? Et pourquoi pas faire un jour du reprisage en groupe pour que ce soit plus sympa.
Votre maison ressemble à un centre de loisirs ? Pourquoi ne pas accueillir un voisin en plus de vos enfants si les parents en ont besoin.
Plus on échange et plus les occasions de s’entraider naissent… Et plus les voisins deviennent aussi des amis avec qui il est sympa de passer du temps !

Comment la parentalité facilite la mise en commun ?
Ce qui facilite ensuite la vie des parents !
Les deux premières parties de cet article parlaient normalement à peu près à tout le monde (vu que presque tout le monde achète sa nourriture et à des voisins à moins que je ne tombe sur un lecteur en autosuffisance dans une zone désertique) . Cette section s’adresse en particulier aux parents, pour des problématiques qui sont propres à la parentalité : renouveler sans cesse les vêtements et les jeux des enfants et s’occuper de petits êtres pas complétement autonomes !
Faire circuler les vêtements/jeux des enfants/bottes

À chaque changement de saison, c’est le même rituel : on vide les placards des enfants, on se demande ce qui leur va encore parce qu’ils ont encore grandi, si on a déjà des vêtements en stock pour la suite, on renouvelle et on évacue.
Mais gérer les vêtements que nos enfants ne mettent plus peut être un travail à part entière si on a envie qu’ils soient au maximum réutilisés.
Pour se simplifier la tâche, pourquoi ne pas mutualiser le stock de vêtements ?
Pour ça, on peut créer des petits groupes autour de l’école, de la crèche, en famille ou avec des amis. L’idée est de trouver des enfants un peu “échelonnés” en âge et en taille pour se redonner les habits de l’année passée.
Ça peut particulièrement bien marcher pour les bottes ou les chaussons de l’école qu’il faut sans cesse se passer et qui sont souvent en bon état.
Au sein d’un plus grand groupe, on peut faire un pot commun de vêtements ou chacun peut amener et prendre, avec éventuellement un système de points (si on donne un vêtement, on peut prendre un vêtement.)
Pour les jeux, c’est possible d’appliquer le même système, mais il y a d’autres suggestions. Comme les “nouveaux jeux” ont toujours plus d’attrait, il est aussi possible d’organiser des échanges de jeux pendant des week-ends ou des vacances par exemple (ou si on part en vacances de prêter certains jeux, un circuit de billes, un centre équestre ou un puzzle à des copains qui restent chez eux).
On fonctionne ainsi comme une ludothèque pour les amis de nos enfants et si c’est mutuel, cela permet d’avoir des enfants occupés et contents sans efforts et sans acheter de nouveaux objets.
Pourquoi c’est écolo ? On utilise au maximum, on achète moins, on s’entraide et on profite de l’abondance de vêtements et de jouets déjà existants.
Pourquoi ça allège la charge mentale ? Parce qu’on récupère de nouveaux jouets et de nouveaux vêtements quasi passivement, on a beaucoup moins à chercher… Et c’est aussi plus facile quand on a des personnes habituelles à qui redonner ce qui est trop petit !

Accompagner les conduites pour l’école ou les activités
C’est quelque chose de très chronophage pour les parents, surtout quand les enfants commencent à s’inscrire à de multiples activités…
Comme de nombreux parents partagent cette problématique, c’est aussi possible de venir leur parler de comment mutualiser en faisant les conduites à tour de rôle. On y pense souvent en covoiturage, mais c’est aussi possible à vélo, et même à pied !
Là encore, l’idéal est de créer un groupe de conversation entre parents, parce que plus on communique facilement, plus on trouve aussi facilement des solutions qui arrangent vraiment tout le monde.
Pourquoi c’est écolo ? Surtout en voiture, ça permet de limiter son usage en ayant moins de voitures plus pleines !
Pourquoi ça allège la charge mentale ? Ça gagne surtout du temps, un ou deux aller-retour de moins à faire dans la semaine ça fait toujours du bien.
S’entraider pour garder les enfants
La parentalité donne vraiment beaucoup d’opportunités de s’entraider ! C’est aussi pour cela que les parents sont bien placés pour porter ce message écologique et insuffler une dynamique de partage dans la société.
Et ça fait aussi beaucoup de bien aux parents d’être dans cette dynamique, à la fois d’un point de vue social et de la charge mentale.
Un autre point sur lequel on peut s’entraider est bien sûr la garde des enfants. Les enfants sont toujours contents d’avoir des copains et ça facilite énormément la vie des parents d’avoir des relais. Alors à la prochaine grève de l’école, plutôt que chacun galère de son côté à trouver une solution de garde, pourquoi ne pas proposer de prendre quelques copains et de faire centre de loisirs à la maison ?

Voilà quelques idées qui vous permettent de mutualiser et d’alléger votre charge mentale de parent. il en existe plein d’autres à plus large échelle, favorisées par internet et les applications, l’échange de maison pour les vacances par exemple ! Est-ce que vous en avez d’autres ? Est-ce qu’il y en a que vous avez déjà mises en place ?
Ça peut se faire souvent de manière très informelle dans un premier temps et plus le groupe grandit, plus formaliser les choses facilitera les échanges. Le point central de tous ces échanges est de faciliter la communication entre les membres du groupe. Créer des groupes de conversation, entre voisins, parents de crèche, école, activité… Tous ces groupes ont plein de synergie que vous trouverez rapidement si le dialogue est ouvert !