Ecologie Joyeuse ? Ces mots sont rarement associés. On voit plutôt des images de catastrophe, le tic-tac prédisant un effondrement, la montée des eaux et les mouvements de protestation. Pourtant il y a d’autres approches des transitions que traverse le monde. Des approches qui valorisent l’humain et son lien au vivant, des approches qui imaginent des futurs résilients où l’entraide et le lien apportent confort et sécurité, où le temps est plus lent pour avoir plus de temps pour construire, cuisiner, s’écouter. C’est un monde qu’on peut rêver et dans lequel être est plus important qu’avoir.
Être joyeux c’est militant
Quand on veut défendre une cause, convaincre des personnes extérieures de nous y retrouver n’est pas une mince affaire. Les arguments sont souvent dits trop peu écoutés et entendus. Une approche joyeuse est bien plus attirante qu’une liste des catastrophes potentielles auxquelles il faudrait nous préparer. Les gens viendront plus naturellement vers vous et auront plus envie de vous imiter si vos convictions vous apportent de la joie !
Rien n’est plus fédérateur que la joie, rien n’a plus d’impact qu’une vision. Les changements à mettre en place dans la société seront individuels et collectifs, au niveau des individus, de la politique et de l’industrie. Tous ces domaines sont liés et interdépendants.
Une chose est sûre, si on ne veut ni d’une écologie imposée et totalitaire ni de pas d’écologie du tout, la seule solution est une adhésion massive à ces idées de par le monde. Pour rallier les gens à sa cause, Martin Luther King dans son célèbre discours ne disait pas que tout allait mal, avec conviction il disait « I have a dream ». Nous aussi rêvons !
Être joyeux c’est constructif
Les récits alarmistes d’un futur apocalyptique peuvent certes convertir quelques personnes mais pour la plupart des gens c’est plutôt l’inaction que cela provoque. En effet comment se projeter dans un futur catastrophique ?
Mieux vaut ne rien faire et fermer les yeux pour se protéger, accuser les autres ou dire que c’est perdu d’avance et profiter du présent. Ces mécanismes d’inactions sont normaux, ils relèvent des neurosciences. Pourtant ils enferment dans un cercle vicieux où plus on tire les sonnettes d’alarme moins les comportements changent.

Une approche joyeuse est une approche qui laisse la porte ouverte à d’autres futurs. Des futurs qu’on aime, qu’on choisit, qu’on construit au quotidien. C’est ne pas se punir de nos écarts mais d’avancer ensemble vers le cap d’un monde meilleur. Bien sûr il y aura des problèmes et il faudra réinventer des moyens d’y faire face dans la solidarité.
Retisser les liens dans notre société, la rendre plus résiliente en prenant soin, miser chacun sur ses forces, prôner l’entraide et l’indulgence… et si tout cela passait aussi par l’éducation et le soin qu’on donne aux enfants ? Pour cela il faudra être créatif, et Albert Einstein disait « la créativité c’est l’intelligence qui s’amuse ».
Autorisons-nous à nous amuser, à être légers sans pour autant valider un modèle de société qui n’a plus d’avenir.
Être joyeux c’est prendre soin de soi
Bien sûr il y a des problèmes, des gros problèmes même et en avoir conscience est indispensable ! Pourtant, passer son temps à les regarder ne fait du bien ni à nous ni n’aide à les résoudre. On peut par exemple avoir conscience des catastrophes naturelles engendrées par le réchauffement climatique sans regarder tous les jours des images de feu ou d’inondation qui soit nous font du mal, soit anesthésient nos capacités de compassion.
Se protéger, se détacher des informations constantes et non voulues pour se laisser l’espace de vivre sa vie, s’autoriser à être heureux même si la terre entière ne l’est pas, cela permet de s’épargner. Les mêmes mécanismes rentrent en jeu quand on idéalise trop la vie des autres familles sur les réseaux ou ce qu’on en voit.
Notre point de départ pour tout c’est nous, nos envies, nos ressentis, nos limites.
C’est là-dessus qu’il nous faudra bâtir une vie qu’on veut et non pas sur des images venant des autres.

Souvent, l’écologie est vue comme une approche punitive pleine de privations et d’injonctions : « il ne faut plus prendre l’avion », « il faut arrêter la viande », « il faut moins consommer ».
L’approche de l’écologie joyeuse n’est pas de contredire ces injonctions mais de montrer la beauté des voyages en train, les saveurs de la cuisine végétale, le lien social qui se crée dans le partage d’objets…
Être joyeux c’est possible
Possible ce n’est pas forcément facile ! Mais possible car le monde et notre vie est pleine de belles choses. C’est apprendre à changer son regard pour voir le beau. C’est aussi apprendre à créer le beau !
Bien sûr on ne peut pas être joyeux tout le temps. Toutes les émotions doivent avoir leur juste place. Mais voir la part de choix dans la vie que l’on mène, apprendre à être heureux de ce que l’on a, de où on est, avec qui on est, c’est quelque chose qu’on peut apprendre et enseigner à nos enfants.
Plutôt que de rêver à une vie extraordinaire, on peut apprendre à aimer la beauté de l’ordinaire. Être optimiste n’est pas forcément être naïf, ça peut aussi être un choix revendiqué.
C’est un peu comme courir pour attraper le bus, si on n’essaie pas, on est sûr de rater alors autant tout donner pour essayer… et si ça ne marche pas rebondir sur une autre option de trajectoire !
Être joyeux c’est ce qu’il y a de plus durable
Parce que ce que l’on souhaite faire durer, ce n’est pas seulement l’espèce humaine, ce n’est pas seulement la diversité des formes de vie, c’est la joie de vivre ! Personne ne peut vivre éternellement dans la crise… parent, militant ou travailleur, le burn-out est devenu une norme. Et si on ne se considérait pas nous même comme un bien consommable ? Qu’on prenait le temps de s’écouter, se valoriser, s’aimer ? Sans doute durerait-on plus longtemps et nous serions plus efficaces à long terme pour accomplir les missions que nous nous donnons dans la vie !

Une approche globale, bienveillante et inclusive
Alors qu’est-ce que l’écologie joyeuse ? C’est une approche écologique constructive, bienveillante, inclusive, créative et résolument optimiste ! Une approche où on s’écoute nous-mêmes et où on s’écoute les uns les autres. Une approche où on est conscient des enjeux mais où on sait aussi se protéger pour utiliser son énergie de manière utile. C’est une approche pragmatique où on ne s’en veut pas de ses écarts et où on cherche à avoir de l’impact plus qu’à atteindre un idéal inaccessible. C’est une approche où on est heureux car on vit en accord avec ses valeurs. Vous pouvez rêver de ce monde. Vous pouvez aussi dès maintenant le construire et y vivre. Alors, prêt à rejoindre le mouvement ?
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J’ai hâte de vous découvrir